Pourquoi Djadjas est devenue la friperie la plus stylée de Lille ?

Les vêtements de seconde main connaissent une croissance de 15 % par an en France, selon le cabinet KPMG. Pourtant, seulement 30 % des Français achètent régulièrement dans ces enseignes, freinés par la peur du manque de style ou de qualité.À Lille, une initiative a réussi à inverser cette tendance en rassemblant une communauté fidèle de passionnés autour de la mode circulaire. L’offre de Djadjas, pensée autour de la traçabilité et de l’upcycling, redéfinit les codes de la consommation responsable et inspire d’autres acteurs à suivre cette voie.

Slow fashion à Lille : comment Djadjas redéfinit la mode durable et responsable

Oubliez l’image froide d’un magasin poussiéreux : au 55 rue de la Barre, en plein cœur du Vieux-Lille, Pacaly et Haute Bouture dessinent avec Les Djadjas un territoire entièrement neuf où l’on repense vêtements et objets au quotidien sans jamais forcer le trait. Ici, la slow fashion ne fait pas tapisserie : elle infuse chaque recoin. La sélection, incisive, offre le meilleur des décennies 60 à 90, bouquets tissés sur demande, mobilier retrouvé, illustrations piquantes ou appareils photo échappés d’un autre temps. Le tout fusionne dans une atmosphère accueillante où s’invitent un coin café, la privatisation possible pour des sessions shopping ciselées, des ateliers Do It Yourself, et surtout Napoléon, le chien au visage familier de la boutique.

Ce lieu refuse d’exclure : Les Djadjas accueillent tous les styles, toutes les morphologies et tous les budgets. Leur vision bouscule les habitudes : chaque visite réserve l’opportunité de tomber sur une création de designer, une pépite déco, un bouquet, voire un appareil photo prêt à une nouvelle histoire. Le point d’ancrage, c’est la recherche du sens : chaque pièce raconte son propre parcours, chaque geste d’achat complète une démarche juste. Fini le dilemme entre plaisir et impact.

L’ennui ne franchit jamais le seuil chez Djadjas. Les fondatrices s’abreuvent d’idées auprès de grandes références françaises de la mode éthique, puis déploient guides, conseils, astuces pour imaginer un quotidien stylé et responsable. La boutique se transforme en terrain de jeu très concret : vêtements retravaillés, ateliers d’upcycling et sessions créatives soudent une communauté avide de nouveauté et d’intelligence collective.

Ce qui fait la magie du concept : chacun y construit sa propre expérience. On vient décrocher un conseil, mettre la main sur la pièce improbable ou, parfois, s’accorder une pause dans un espace où le beau s’impose partout. On ne fait ici aucune concession sur le style : la durabilité se hisse à un autre niveau, plus désirée que subie.

Trois amis vintage souriants dans la rue de Lille

Upcycling, événements et communauté : les initiatives concrètes qui font de Djadjas une référence inspirante

Le mot upcycling s’affiche dès le pas de la porte chez Djadjas. L’idée : rien ne finit à la trappe. Les vêtements connaissent une nouvelle vie lors des ateliers où chacun peut s’essayer à la customisation ou au détournement. Découpe, assemblage, audace, guidés par les fondatrices, les participants repartent avec des créations uniques, bâties pour durer et chargées d’histoires personnelles.

Pour ceux qui pensent que vendre de la seconde main manque de relief, il suffit de faire un tour lors des grands événements de la boutique. Pop up store hors-norme à la Maillerie de Villeneuve-d’Ascq, apéros privés où se côtoient créateurs locaux, bouquets, accessoires rares : la dynamique ne s’essouffle jamais. L’atmosphère y invite aux échanges improbables, au partage de regards et de conseils. On ne vient plus seulement acheter, mais prendre part à une ruche qui bourdonne d’idées neuves.

Impossible de parler de Djadjas sans mentionner la variété de son réseau. Certains événements proposent des ventes à cinq euros sans distinction, étudiants, familles, collectionneurs trouvent ici leur compte. On croise des vêtements, des bijoux retravaillés, des stands de créateurs, parfois même des tatoueurs et des accessoires inédits. Chaque édition revendique l’ouverture : diversité affirmée des tailles, des styles, du public. Tout ici respire l’envie de renouveler la mode durable, sans jamais s’enfermer.

Au final, Djadjas brise la logique des magasins réservés à une élite ou aux initiés. Les conseils circulent, la créativité fuse, les projets collectifs émergent. La mode responsable prend racine dans le concret, où le collectif et la transmission de savoirs passent avant tout. À Lille, la seconde main quitte les marges et se réinvente devant nos yeux : un feu d’artifice d’idées pour ramener, enfin, le goût de la mode au centre du jeu.

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